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Paul Andersen est écrivain et sa femme, Sarah, est médecin. Ils ont deux enfants. Pas facile de gérer leurs emplois du temps entre l’écriture des livres de l’un et les gardes nocturnes de l’autre. Mais un soir, Sarah ne rentre pas. Elle est introuvable. Un an après sa disparition, Paul est épuisé. Il décide alors de rejoindre son frère à St Malo, le village de leur enfance.
Chaque jour est une souffrance pour Paul, qui s’attend à ce que sa femme revienne d’un moment à l’autre. Il peine à tourner la page, et ses enfants ont perdu leur joie de vivre. A St Malo, Paul est moniteur d’auto-école dans l’entreprise de son frère. Un métier qui l’amènera à se faire quelques connaissances.
Mais la police, qui avait cessé de le suspecter pour la disparition de sa femme à Paris, continue de perturber sa vie. Paul a aidé un homme à qui l’on interdisait de voir son fils, mais il a aussi eu des relations sexuelles avec l’une de ses élèves. Sa vie à donc beaucoup de mal à se stabiliser, même en ayant changé d’air.
Un film dur, inspiré du roman d’Olivier Adam, à ne surtout pas aller voir si le moral n’est pas au rendez-vous. Le ton est grave, les couleurs sont maussades. Les scènes silencieuses sont nombreuses, tandis que la joie est peu présente. Il y a une certaine beauté dans la mise en scène de cette épreuve terrible qu’est la disparition d’une femme, d’une mère; et dans la difficulté qu’il y a de reconstruire une vie. Mais quelques scènes de joie auraient pu rendre le film moins lourd.
Note : 2/5.
Avec : Benoît Magimel, Audrey Tautou, Isabelle Carré, Antoine Duléry, Ramzy Bédia…
Sortie le 14/12.
R.B-P.
December 13th, 2011
Quelque part entre le Maroc et la péninsule arabique, dans un petit village. Ce sont les femmes qui, depuis la nuit des temps, vont chercher l’eau à la source en haut de la colline. Sous un soleil de plomb et chargées comme des mules, plusieurs d’entre elles ont fait des fausses couches à cause de ces trajets épuisants. Elles décident donc de faire la grève de l’amour, afin de forcer les hommes du village à équiper le village en eau…
Leila n’est pas née dans ce village. Jeune mariée, amoureuse d’un mari qui l’aime, elle ne fait pas l’unanimité dans sa belle famille et au sein de la communauté. La plupart des femmes du village n’ont pas choisi leur mari, et ne savent pas ce qu’est le véritable amour. Mais les choses vont changer, puisque Leila ne supporte plus de voir les femmes du village tout faire pendant que leurs hommes prennents le thé. Avec cette grève d’un genre inédit, les femmes vont faire plus qu’apporter de l’eau dans leur village.
Le film part d’une bonne intention : traiter la misogynie de manière plutôt cocasse. Mais le film se traine en longueur (deux heures), et la grève en question ne suffit pas à maintenir le spectateur éveillé si longtemps. Et bien que les actrices soient globalement toutes assez bonnes dans leur rôle, Leïla Bekhti habillée comme un sac et les cheveux pleins de terre…on a connu plus crédible. Elle n’y peut rien : “elle brille“.
Note : 2/5
Avec : Leïla Bekhti, Hafsia Herzi, Biyouna, Saleh Bacri…
Sortie le 02/11
R.B-P.
October 30th, 2011
Paul Wertret est chargé d’affaire à la Banque Internationale de Commerce et de Financement. C’est un ancien de l’entreprise, mais son expérience ne semble plus lui assurer l’avancement qu’il mériterait. Ses deux supérieurs sont plus jeunes que lui. Un matin, cet homme apparemment sans histoire sort un revolver et les abat froidement. Dans l’attente des forces de l’ordre, il essaie de se souvenir ce qui a pu l’amener à commettre un tel acte…
Ce banquier a mené une vie plutôt exemplaire. Il a débuté à Strasbourg, puis est allé quelques années à Montpellier pour finir en région Rhône-Alpes. C’est là qu’il vit depuis quelques temps avec son fils, avec qui il a des difficultés à communiquer, et sa femme. Son couple résiste tant bien que mal à l’usure du quotidien d’une vie banale. Au travail, les anciens comme lui sont débauchés les uns après les autres. La logique de rentabilité de l’entreprise le révolte, et la crise ne fait qu’accélérer son sentiment d’incompréhension par rapport à la politique de sa banque. Cet acte de folie semble être le dernier moyen d’agir pour Paul.
Le film est inspiré d’un fait divers survenu en Suisse en 2004, avant la crise donc. Le scénario a été écrit pendant les événements qui ont suivi, et il fallait les prendre en compte. Le tableau du secteur bancaire proposé par Moutou semble assez réaliste, puisqu’il ne verse pas dans l’excès. Darroussin que l’on connaît plus dans le rôle du rêveur incarne à merveille cet homme révolté, impuissant mais engagé. Les souvenirs n’arrivent pas tous de manière chronologique, ce qui donne une touche supplémentaire de réalisme à l’histoire. On peut toutefois regretter une certaine confusion dans le scénario et un manque de rythme sur certaines scènes.
Note : 2,5/5
Avec : Jean-Pierre Darroussin, Valérie Dréville, Xavier Beauvois, Yannick Renier…
Sortie le 5/10
R.B-P.
October 2nd, 2011
Paul et Frédéric se rencontrent grâce à un ami commun et se lient d’amitié. Le premier fait de la figuration et le deuxième est peintre. Ce dernier est marié, à une belle actrice italienne. Alors que Paul est tombé fou amoureux d’Elisabeth sur un tournage, Frédérique les invite à Rome. Amour, amitié et fidélité sont au menu de ce séjour en Italie.
Frédéric est un peintre tourmenté. Paul l’admire, et peine à rencontrer le succès dans sa carrière cinématographique. Ils vont tous deux rencontrer des problèmes dans leur vie de couple. Mais c’est Frédéric qui payera le plus lourd tribu, puisque sa femme Angèle finit par le quitter.
Comme dans tous les films de Philippe Garrel, le couple est au cœur de la réflexion. Un autre point commun avec plusieurs de ses films, notamment Les Amants réguliers (2005), le film exerce sur le spectateur un effet à rebours. A première vue, on s’ennuie un peu, à cause notamment de nombreux plans fixes et silencieux. Puis les heures passent, le lendemain arrive. On remué, consciemment ou non, tout le film dans tous les sens et l’on se dit : en fait c’était pas si mal ! C’est l’effet Garrel.
Note : 2,5/5
Avec : Louis Garrel, Monica Bellucci, Céline Salette, Jérome Robart…
Sortie le 28/09.
<Retrouvez l’interview réalisée par Studio Ciné Live dans son numéro de septembre>
R.B-P.
September 27th, 2011
Katarina, 20ans, vit dans une banlieue de Gotebörg en Suède. Sa mère boit. Elle est suivit par les services sociaux et travaille dans une cantine. Son copain travaille dans le bâtiment. Bref, sa vie ne fait pas vraiment rêver. Un jour, par hasard, elle tombe sur le Requiem de Mozart en surfant sur Youtube. Elle devient passionnée de musique classique et obtient le poste de réceptionniste dans une salle de concert. Un premier pas dans un monde aux antipodes du sien.
De passage par hasard à côté d’une salle de concert, Katarina décide d’entrer. Elle tombe alors par hasard sur une répétition. Une femme la trouvant ainsi pense qu’elle vient pour l’entretien d’embauche. Elle ment, dis que oui. Elle continue en disant que sa mère était pianiste. Après quelques semaines à son poste de réceptionniste, elle sympathise avec le chef d’orchestre, puis commence à coucher avec lui. Elle se sent bien dans ce monde snob et élitiste et commence à en adapter les codes. Mais son milieu, sa famille et son histoire vont la rattraper.
Lisa Langseth est connu dans le milieu du théâtre suédois. Ce film est d’ailleurs l’adaptation d’une pièce de théâtre qu’elle a écrit et mise en scène. Et ce coup d’essai est parfaitement réussi : la réalisation est très esthétique, on sent l’influence du théâtre dans le jeu des acteurs qui pourtant n’en font pas trop. La jeune Alicia Vikander a de beaux jours devant elle. Son interprétation brut de ce personnage à la personnalité si complexe est très juste. Ce rôle lui a d’ailleurs valu l’équivalent suédois du César de la meilleure actrice ainsi que le prix “Shooting Stars“ au festival de Berlin (après Mélanie Laurent et Jérémie Rénier).
Note : 4/5
Avec : Alicia Vikander, Samuel Fröler, Josephine Bauer, Martin Wallström…
Sortie le 28/09
R.B-P.
September 26th, 2011
Alors qu’il s’apprête à fêter ses 16 ans, Kevin tue neuf personnes de son collège. Depuis ce jour Eva, sa mère, vit un vrai calvaire : elle est sans emploi, détestée par ses riverains et tombée dans l’alcool. Elle avait pourtant abandonné une carrière qui semblait très prometteuse pour élever son fils. Elle va alors se souvenir de plusieurs moments importants de sa relation avec Kevin, et se demander quelle est sa part de responsabilité dans ce qui l’a poussé à provoquer ce drame…
Lorsqu’elle attends son premier enfant, Eva ne connaît pas un enthousiasme aussi grand que les autres futures maman. A sa naissance, Kevin est un enfant différent et il va le faire savoir à sa mère. Encore nourrisson, il pleure seize heures par jour, ce qui ne va pas sans agacer sa mère. Plus tard il fera tout pour l’énerver, et leur relation va s’empirer avec le temps.La communication semble impossible entre la mère et son fils. Pourtant, Kevin s’entend très bien avec son père. Mais l’arrivée d’une petite sœur ne plait pas vraiment à l’adolescent et les choses ne vont faire que s’empirer. D’autant plus que celle-ci s’averra être son opposé : très câline, aimante et sage comme une image.
Adapté du roman de Lionel Shriver, ce film repense l’idée préconçue que l’on a de la famille dans sa globalité. Tout le monde ne s’aime pas forcément dans toutes les familles. Ici, le problème d’un amour mère/fils et fils/mère nous place dans une situation complexe : comment faire si l’amour pour un enfant n’est pas à la hauteur des espérances ? Une très belle réflexion également sur les massacres dans les collèges américains. Mais contrairement à tous les films ayant traité le sujet jusqu’à présent, celui-ci ne dénonce ni le surarmement des Etats-Unis, ni les jeux vidéos, ni personne.
Note : 3,5/5
Avec : Tilda Swinton, John C.Reilly, Ezra Miller…
Sortie le 28/09
R.B-P.
September 25th, 2011
Sarah a vingt ans. Elle vit à Marseille, loin de sa mère avec qui elle ne garde que peu de contacts. Alors qu’elle s’apprête à rentrer dans la vie active, elle apprend que son stage dans un musée ne sera pas transformé en CDD. En effet, la malheureuse a chuté dans les escaliers avec un tableau dans les mains et a dû être emmenée à l’hôpital. Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, on lui apprend qu’elle est enceinte. De six mois. Il est donc trop tard pour avorter.
Cette nouvelle surprend Sarah, qui n’avait pourtant pas pris une seule forme. Entre planning familial et visites à la clinique, Sarah trouve le temps de préparer un concours qui pourrait la mener jusqu’à Paris pour étudier le tourisme culturel. C’est en révisant à la bibliothèque qu’elle fait la rencontre de Thomas, qui étudie dans une école d’ingénieur. Sarah reste reste assez distante et indépendante vis-à-vis du jeune homme. Elle ne lui révèlera sa grossesse qu’à la toute fin. Et pour cause, elle a beaucoup de mal elle-même à se rendre compte qu’un bébé grandit dans son ventre.
Ce film traite avec justesse d’un sujet dure et peu commun au cinéma. Christa Théret y apparaît plus mûre que dans ses autres films (LOL) et sans artifices (Le Bruit des glaçons). Son interprétation de cette jeune fille qui souffre d’un déni de grossesse est sincère. Elle porte le film du début à la fin. Pourtant, on s’ennuie. Quelques scènes un peu «lol» n’auraient surement pas fait de mal.
Note : 1,5/5.
Avec Christa Théret, Johan Libéreau, Anne Le Ny…
Sortie le 21 septembre.
R.B-P.
September 20th, 2011
A seulement quelques mois de la révolution, un collectif de réalisateurs égyptiens a décidé de mettre sur pellicule les événements qui ont bouleversé leur pays à jamais. Ce sont donc dix courts métrages sur les 18 jours qui ont sécoué le pays du 25 janvier au 11 février. Retour sur une révolution entre répression et actes héroïques.
Le Caire, 25 janvier 2011. Le peuple descend dans la rue. “Moubarac dégage“. “Traîtres“. Tels sont les slogans de ces citoyens ordinaires qui ont provoqué des événements extra-ordinaires. Les différentes histoires dressent le portrait notamment d’un bloggeur amoureux, d’un couturier diabétique, d’un coiffeur qui se retrouve héros malgré lui ou encore d’un grand-père confronté aux barrages militaires avec son petit-fils. Avec le peu de recul dont disposaient les personnes ayant contribué au film, il n’y a pourtant pas de parti pris. Les personnages sont tels que les égyptiens étaient pendant la révolution. Des bons, des mauvais, mais aucun jugement ou procès n’est fait à personne (si ce n’est Moubarak, évidemment).
Avec des personnages authentiques, sincères, l’ambiance du film nous fait revivre la révolution à la manière d’un documentaire. Le fait que le film ait été réalisé en si peu de temps est assez stupéfiant, et le rendu est plus qu’honorable. Entre les difficultés économiques et sociales du pays et le manque de budget, le travail a dû être colossal. Un petit ventre-moue ralentit un peu l’effet apporté par cette succession de courts-métrages. Mais en sortant, un vent de révolution va trotter dans votre tête.
A noter que le jury du Festival de Cannes l’avait intégré à sa sélection officielle, comme une marque de soutien à tous les peuples qui ont participé au Printemps arabe.
Note : 3/5
Avec : une cinquantaine d’acteurs…
Sortie le 07/09
R.B-P.
September 6th, 2011
Dans l’Iran actuelle, la République Islamique dirigée d’une main de fer par Ahmadinedad, il est difficile de vouloir vivre “normalement“. Surtout lorsque l’on est une jeune femme pleine d’ambitions. Noura n’en peut plus de mener cette vie et décide de quitter son pays, ce qui n’est pas chose facile…
Noura exerce le métier d’avocat. Abolitionniste, elle défend beaucoup la cause des condamnés à mort. Mais si elle a le droit de constituer les dossiers, elle ne peut en aucun cas plaider, faute de licence. Un document qu’elle se verra confisquer avant même de l’avoir obtenu. Elle vit seule à Téhéran, puisque étant journaliste, son mari a dû partir clandestinement pour le sud du pays, le temps de se faire oublier. Mais les autorités le traque, et harcèlent Noura. A bout de nerfs et enceinte, Noura tente de quitter l’Iran par tous les moyens, notamment la corruption.
Mohammad Rasoulof a réalisé ce film de manière quasi-clandestine, alors qu’il était libéré en attendant l’appel de son procès. Pour lui, ses films ne sont pas politiques. Ils parlent du quotidien des gens, et c’est le contexte qui les font devenir politiques. Dans Au Revoir, Leyla Zareh incarne à merveille le rôle d’une épouse et future mère qui n’aspire qu’à une seule chose : une vie meilleure. Le rythme de film est parfait, alternant entre émotion et sentiment de révolte, le tout ancré dans un quotidien certes particulier à un pays, et pourtant universel. D’aucun diront que le prix “un certain regard“ de la mise en scène à Cannes n’a été obtenu que pour montrer le soutient du jury aux cinéastes iraniens. Ils se tromperont.Peut être (aussi) que Rasoulof le méritait.
Condamné en 2010 (avec Jafar Panahi) à 6 ans de prison et 20 ans d’interdiction de sortie du territoire iranien, Mohammad Rasoulof risque toujours de retourner en prison pour 6 ans.
Note : 3,5/5
Avec : Leyla Zareh, Hassan Pourshizari, Behname Tashakor…
Sortie le 07/09.
R.B-P.
September 5th, 2011
Difficile de sauver son couple dans un monde où les sentiments n’ont pas leur place. Philippe et Marie se sont connus très jeunes à l’orphelinat. 20 ans plus tard, ils sont mariés mais leur couple est aussi froid que la société dans laquelle ils vivent. Devant ce triste spectacle, Marie va faire une dernière tentative pour préserver leur amour…
La mère de Philippe n’aime pas ce qu’est devenu la société. En utilisant une métaphore sur les bébés ours et leur mère, elle va faire comprendre à son fils que pour s’en sortir il doit devenir plus fort qu’un ours adulte. En l’abandonnant, elle l’envoie dans un orphelinat, dans lequel on lui apprend à agir et à penser de manière déshumanisée. C’est là-bas qu’il va devenir un être froid faisant passer des tests tous aussi absurdes les uns que les autres. C’est aussi là-bas qu’il rencontrera Marie, avec laquelle il va se marier. Mais alors que leur couple bat de l’aile, cette dernière va décider de braver le système pour sauvegarder le peu qu’il reste de leur amour.
Pour son premier long (1h12), Léonetti a emmené dans ses bagages tout son background du milieu de la pub. Sa façon très estéthique de concevoir une intrigue pourtant assez creuse sauve le film. Avec bien sûre des acteurs très bons, qui incarnent parfaitement des personnes à qui l’on a appris à ne plus avoir de sentiments. Plus long, le film aurait été ennuyeux. Mais il est quand même un peu court. Bizarre, comme l’impression que l’on a en sortant de la salle. En déshumanisant ses personnages, Léonetti parvient à susciter des impressions, des émotions chez le spectateur.
Note : 3/5
Avec : Sami Bouajila, Julie Gayet…
Sortie le 07/09.
R.B-P.
September 5th, 2011
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