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C’est l’histoire d’une femme pas comme les autres. Aung San Suu Kyi est victime de l’oppression de la junte birmane depuis plus de vingt ans. Et être une opposante à l’un des régimes les plus répressifs et secret du monde ne facilite pas la vie. Mener une vie de famille ou être en couple devient un combat à mener en plus de la politique. C’est l’histoire d’une femme, de son mari et leurs deux enfants…
Celle que l’on surnomme La Dame de Rangoon a un destin hors du commun. Son père est une des figures de l’indépendance birmane, qu’il ne connaîtra jamais puisqu’il fut assassiné quelques mois avant, en 1947. La petite Suu n’a que deux ans. Elle étudiera ensuite à Oxford, où elle se mariera et aura deux enfants. En 1988, elle retourne dans son pays, veiller sa mère qui est mourante. Depuis, elle n’a pu quitter le sol birman.
Le film est bon. Mais il est décevant. S’il réussit plutôt bien la partie humaine, Luc Besson passe complètement à côté de la dimension politique du sujet. Un manquement de taille, lorsque l’on parle d’une opposante politique assignée à résidence pendant une quinzaine d’années, et Prix Nobel de la Paix (en 1991). Même si le film est un poil larmoyant par moments, il n’en est pas moins touchant. Mais ceux qui ne la connaissent pas (ou peu) vont se demander ce qu’elle fait dans une maison gardée par des soldats. Si le film aurait pu alerter (une fois de plus) l’opinion mondiale, on doute que les spectateurs sortent révoltés par l’histoire de cette femme, ô combien méritante. On aurait pu imaginer un diptyque, de manière à ne pas négliger le côté humain et la relation avec ses proches, tout en abordant l’aspect politique de l’histoire.
A noter l’interprétation remarquable de Michele Yeoh, dont la ressemblance physique est frappante.
Note : 3/5
Avec : Michelle Yeoh, David Thewlis, Htun Lin…
Sortie le 30/11
R.B-P.
November 25th, 2011
Nigel Slater est un chef cuisinier anglais, connu pour ses best-sellers sur la cuisine britannique traditionnelle. “La nourriture est pour moi, pour tout le monde, quelque chose de très sensuelle. J’ai remarqué cela très tôt“ a-t-il écrit un jour dans les colonnes du Guardian. En effet, la cuisine est un élément qui a marqué sa vie et les relations avec ses proches, notamment avec son père.
Nigel n’a pas eu une enfance comme les autres. Sa mère avait peur des produits frais, elle n’achetait que des conserves, qu’elle cuisinait mal. Une phrase revient souvent lors des repas ratés : “Je vous fais des toasts ?“. Atteinte d’une maladie pulmonaire, elle a laissé Nigel seul avec son père. Ce dernier engage alors une bonne, qui va prendre de plus en plus de place dans la maison jusqu’à se marier avec son père. Une rivalité s’engage alors pour obtenir l’attention et l’amour du chef de famille. L’arme utilisée ? La cuisine, avec pour principal champs de bataille : la préparation du citron meringué, dessert favori du père de Nigel.
Ce film biographique où la madeleine de Proust se transforme en toast est un hymne aux goûts et aux saveurs. Visuellement très esthétique (la nourriture est au premier plan de la photo du film), Toast nous replonge dans l’Angleterre des années 60 avec ses odeurs et son ambiance. Les acteurs sont tout à fait dans le ton du film. Leur interprétation varie dans les registres, entre tragique et comique. On rigole, on salive et l’on court dévorer un sacré festin en sortant du cinéma.
Note : 3/5
Avec : Helena Bonham Carter, Ken Stott, Victoria Hamilton, Freddie Highmore…
Sortie le 05/10
R.B-P.
October 3rd, 2011
“Quand Dieu nous accorde un don, il nous donne aussi un fouet ; et ce fouet n’est destiné qu’à une seule chose : l’auto-flagellation“. Cette phrase de Truman Capote ouvre le film sur la vie de Renato Vallanzasca. Une biographie qui ne tente ni de glorifier, ni de condamner celui qui fut le Mesrine italien.
Les maisons de corrections, des petites combines et un frère qui meurt prématurément. Voici l’enfance de Renato Vallanzasca. Dès l’âge de 22 ans il se constitue une bande à Milan et commence à faire de petits hold-up. Très vite, son ambition le pousse à faire de plus gros coups et à se constituer une équipe de professionnels. Entre Rome et Milan, sa réputation n’est plus à faire et il devient le chouchou des média et de la ménagère italienne. Après une première arrestation en 1972, sa “grande carrière“ est essentiellement répartie sur un an, entre sa première évasion de juillet 1976 et sa deuxième arrestation en février 1977. Il purge actuellement ses quatre perpétuités et ses 260 années de prison.
Michel Placido connaît bien son sujet. Après Romanzo Criminal, ce réalisateur frappe un grand coup avec ce biopic. L’interprétation de Vallanzasca par Kim Rossi Stuart est époustouflante. Ce dernier a d’ailleurs participé à l’élaboration du scénario et des dialogues. Une démarche nécessaire selon Placido pour qu’il “s’engage pleinement dans le film“. C’est réussi.
Note : 3,5/5
Avec : Kim Rossi Stuart, Filippo Timi, Moritz Bleibtreu, Valeria Solarino…
Sortie le 07/09.
R.B-P.
September 6th, 2011
Robert LeRoy Parker, plus connu sous le nom de Butch Cassidy était l’un des brigands les plus recherchés aux États-Unis entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe. On présume qu’il serait mort en 1908 en Bolivie, mais les circonstances du décès sont restées floues et les tests d’ADN effectués depuis n’ont jamais été concluants. Des rumeurs affirment qu’il se serait caché en Bolivie pendant des années après “sa mort“…
Réfugié en pleine campagne bolivienne depuis 1908, Butch Cassidy se fait appeler James Blackthorn. Il possède un modeste petit ranch et mène une vie paisible, loin de l’agitation de ses années de gangster. Il ne rêve que d’une chose : retourner aux Etats-Unis afin d’y retrouver son fils qu’il n’a jamais connu. Mais alors qu’il se prépare à partir, il croise la route d’un ingénieur espagnol qui affirme avoir braqué la mine pour laquelle il travaillait. Ce sera le dernier coup de Cassidy avant son retour au pays.
Un bon film qui mêle action, amitié et bons sentiments. On se prend tout-à-fait aux aventures des deux personnages principaux. On apprécie les rebondissements et l’on a aucun mal à s’identifier voir même à s’attacher à ces bandits comme à leurs poursuivants.
Sam Shepard est parfait en Butch Cassidy. Il a la carrure d’un gangster, mais joue humblement ce vieil homme qui veut juste retrouver son fils. Quant à Noriega, il correspond tout à fait à un braqueur gentleman.
3/5
Avec : Sam Shepard, Eduardo Noriega, Stephen Rea…
Sortie le 31/08
R.B-P.
August 30th, 2011
“Les gens ne comprennent pas qu’il n’est pas nécessaire de mesurer 1m80 pour être humain“ disait Michel Petrucciani. Et pour cause, ce pianiste de génie mesurait un peu moins d’un mètre. Mais son talent, lui, était impossible à mesurer. Atteint de “la maladie des os de verre, il parvint à devenir une star mondial du jazz.
Né à Orange en 1962, Michel Petrucciani a grandi dans une famille de mélomanes. Son père raconte que dès l’age de trois ans il était capable de fredonner des chansons entières de Miles Davis ou Django Reinhardt. Son handicap ne l’empêcha en rien de pratiquer sa passion. A quatre ans, ses parents lui achètent un jouet : un piano. Mais le jeune Michel s’empressa de la casser avec un marteau, signifiant son désir d’avoir un vrai piano.
Dès l’âge de treize ans il commence à jouer avec les plus grands, notamment avec Clark Terry à l’occasion d’un petit festival de jazz local. A dix-huit ans il partait pour les Etats-Unis et quelques années plus tard, il sera le premier musicien non-américain à signer sur le prestigieux label ßlue Note.
Ce film-documentaire retraçe la vie incroyable que fut celle de Michel Petrucciani, cet homme dont l’inépuisable soif de vivre s’est arrêté prématurément. Le réalisateur nous le montre authentique, avec ses bons et ses mauvais côtés. L’utilisation de beaucoup d’images d’archives nous plonge dans l’univers qu’était le sien et nous aide à comprendre qui il était. Les témoignages de ses proches ajoutent à cette authenticité. Et les nombreux passages de musique live ne peuvent qu’enchanter les fans de Jazz.
A noter que ce film ne s’adresse pas qu’aux spécialistes en la matière.
Note : 3,5/5.
Avec : Alexandre Petrucciani (fils), Tony Petrucciani (père), Erlinda Montano, Marie Laure Roperch, Eugenia Morrison, David Himmelstein…
Sortie le 17/08.
R.B-P.
August 15th, 2011